Made In France : les exigences et les labels de la mode éthique

Que cachent les appellations Made In France, mode responsable que de nombreuses entreprises revendiquent ? Nous sommes les premiers à nous demander jusqu’où nous pouvons croire les marques qui se positionnent sur des valeurs éthiques, sociales et environnementales.

Il existe beaucoup de dénominations aujourd’hui que l’on trouve sur différentes sortes de produits : “Made In France”, “100% français”, “Fabriqué en France”, “Origine France”… Ce ne sont pas des labels sélectifs, mais des mentions facilement accessibles et non contrôlées que les marques peuvent prendre si la dernière transformation de l’offre a eu lieu en France, ou si 45% de sa valeur ajoutée a été réalisée en France. Autant dire pas de réglementation, et une possibilité assez large pour les entreprises. Le Made In France 100% français n’existe pas, ou très peu, il faut le savoir.

Il est possible d’obtenir l’origine Made In France même si une ou plusieurs parties du produits ont été importées, à condition de respecter les règles d’origine non préférentielle appliquée à l’importation par la DGDDI (Direction Générale des Douanes et Droits Indirects). Cela permet d’établir la nationalité d’un produit quand la production a été menée sur différents territoires.

Sur le marché français, c’est la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes) qui contrôle le marquage de l’origine figurant sur les produits commercialisés.

C’est pourquoi plus de 90% des français souhaiteraient mettre en place un label plus stricte avec une signification plus juste de ces appellations.

Pour offrir des garanties claires et précises aux consommateurs, la certification OGF (Origine France Garantie) a été créée en juin 2010, soutenu par l’Association Pro France composée de chefs d’entreprise qui veulent promouvoir la Marque France et valoriser les savoir-faire français et artisanaux français. L’obtention de ce certificat est réalisé par un organisme certificateur indépendant qui assure la traçabilité du produit.

La certification OGF se fait essentiellement sur deux critères :

  • Entre 50 et 100% du prix de revient unitaire est français
  • Le produit prend ses caractéristiques essentielles en France

En janvier 2018, il y avait 600 entreprises engagées dans la démarche OFG, et 2000 gammes de produits certifiés.

Certaines entreprises veulent aller plus loin et avec une plus grande transparence avec des labels plus contraignants :

  • Indication géographique : ce label atteste que le produit possède des qualités du fait de son origine géographique. Pour cela il y a un cahier des charges spécifique. Aujourd’hui on en compte trois : les sièges de Liffol, le granit de Bretagne et la porcelaine de Limoges.
  • Entreprise Patrimoine Vivant (EPV) : c’est une marque de reconnaissance de l’Etat qui distingue les entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence. On peut citer par exemple Boucheron, Chanel, la Ganterie Fabre, ou encore la Monnaie de Paris.
  • France Terre Textile : il garantit qu’au minimum 75% des étapes de fabrication ont été effectuées en France. On peut donner comme exemple Bleuforêt ou la Maison des Canuts.

Outre les labels, il y a également des plateformes qui recensent  les produits fabriqués en France comme par exemple l’annuaire Madine France ou le site La fabrique hexagonale pour guider les consommateurs.

Mode éthique

Pour la mode éthique, il existe un vaste panel de labels en voici quelques uns (liste non exhaustive) :

  • Le label éthique B-corp : c’est un label très exigeant qui repose sur des critères sociaux, sociétaux et environnementaux à la fois intégrés dans les missions d’une entreprise, mais également son modèle économique, son effectif ainsi que ses produits et services.
  • Le label Fairtrade : cela permet aux coopératives de petits producteurs de s’assurer un prix juste et stable de leurs produits. De manière plus globale, il correspond aussi à des exigences environnementales (agir de manière durable contre le réchauffement climatique), des exigences sociales (notamment au travers des conditions de travail) et des exigences sanitaires.
  • Le label Fair Wear Fundation : cette certification touche les conditions de travail dans l’industrie du textile. Ces exigences sociales reposent sur le salaire, les horaires de travail, la sécurité des lieux de travail et la déclaration des emplois. Ce label assure aux consommateurs les bonnes conditions de travail des salariés lors de la production des pièces commercialisées par la marque.
  • Le label Global Recycled Standard (GRS) : il certifie le contenu recyclé d’un produit, mais également le respect d’exigences écologiques et sociales. Les produits GRS contiennent au moins 50% de matière recyclée. La consommation d’eau, d’énergie et la production de gaz à effet de serre doit être surveillée et améliorée par les entreprises ayant obtenu ce certificat. Elles doivent également avoir une politique de responsabilité sociale auprès des travailleurs.
  • Le label Global Organic Textile Standard (GOTS) : il garantit des conditions de travail dignes et le respect de l’environnement. Plus encore, il certifie que le produit vendu ne porte aucunement atteinte à la santé de celui qui le porte. Les produits sont alors composés de 70 à 95% de fibres biologiques certifiées et sans OGM ni produits chimiques toxiques pour l’environnement.
  • Le label Oeko-tex : c’est le label phare du domaine de la sécurité sanitaire. Les produits sont alors sans substances chimiques, aussi bien nocives pour l’être humain que pour l’environnement. Selon sa catégorie (pour bébé, en contact direct avec la peau, sans contact avec la peau, d’équipement), les produits subissent des essais en laboratoire.
  • Le label PETA : les entreprises ayant ce label sont “cruelty free”, c’est-à-dire qu’elles ne font pas de tests sur les animaux. Leurs produits ne sont composées d’aucune matière organique animale.
2019-12-25T12:48:49+00:00